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Pensées et réflexions.

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De la difficulté du jugement

A la lecture du blog de Marc sur le thème de la comparaison, il m'est venu à nouveau l'idée d'écrire sur un sujet qui me tient à coeur et sur lequel j'avais envie depuis un certain temps de m'attarder. En effet, lorsqu'on compare les choses ou lorsqu'on se compare aux autres, automatiquement il y a un jugement qui vient avec. Comparer, c'est juger par quelque part. Mais est-ce une mauvaise chose de comparer/juger ?
Tout dépend du contexte. Dans des conditions précises, comme le milieu professionnel par exemple, il est nécessaire d'avoir du jugement, car il est important de pouvoir apprécier correctement la situation et les capacités des autres personnes qui interviennent. De même, un enseignant va comparer les capacités de son élève par rapport au chemin qu'il aura encore à parcourir. Dans ce sens, il est nécessaire et utile de comparer/juger. Mais là où tout se corse, c'est lorsqu'on réduit la personne à cette comparaison. Un jugement de valeur globale intervient alors. Le problème est qu'on ne peut pas réduire une personne à ses capacités dans un domaine précis. Il est possible d'être un excellent professeur tout en étant incapable d'assumer le reste de sa vie et inversement. De plus, il ne faut pas oublier que lorsqu'on essaie de juger les gens sur leur vie, on se confronte à quelque chose de très délicat. Car, sur quels critères peut-on se baser ? Notre façon de vivre est conditionnée par tout un ensemble de valeurs personnelles et de convictions construites au fur et à mesure des expériences de vie, mais notre mode de vie reste quelque chose d'intime et de non-absolu. A juste titre on peut dire que ce qui convient à l'un n'est pas forcément adapté à un autre. Donc, non seulement il est difficile de juger une personne et encore moins de juger de son évolution, mais en plus ce jugement est la conséquence d'une vision erronée.
Souvent une personne qui juge autrui se place en tant que référence. Elle prend ses valeurs pour absolues et ne parvient pas à comprendre toute la subjectivité de sa démarche. Elle ne parvient pas à admettre que d'autres chemins sont possibles. On entre là dans la problèmatique du respect et de la tolérance.  La vision est alors étriquée et ne parvient pas à embrasser une globalité. A mon avis, lorsqu'on parvient à comprendre et admettre que sa vision est subjective, le jugement disparait de lui-même, car la notion d'absolue n'existe plus. C'est tout le problème des dogmes et des croyances absolues que les êtres se forgent.

Mais même lorsqu'on parvient à se débarasser du jugement/comparaison, apparait une nouvelle difficulté. En effet, sous couvert de ne plus juger, la personne peut alors entrer dans un processus où elle accepte tout et n'importe quoi. L'esprit est alors en réddition, car il ne joue plus son rôle d'analyse et la vision devient tout aussi étriquée qu'avant. On assiste à une sorte de mollesse d'esprit et on est passé d'une extrême à l'autre. Car tout accepter, ça peut être aussi nier sa vie intérieure et les besoins qui lui sont nécessaires. Il est donc important de trouver un équilibre et de bien comprendre qu'il faut garder une attitude dynamique qui parvient à harmoniser l'activité et la passivité.

A la relecture du billet, je me rends compte qu'il n'est largement pas abouti, mais je le publie néanmoins. Il pourra peut-être servir de base de réflexion, malgré son état d'imperfection. En effet, le sujet est vaste et complexe.
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T
Merci Beaucoup Yog.Amicalement,Thierry Perron
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M
Réflexions intéressantes sur un sujet que l’on n’épuisera sans doute pas. Ce à quoi je voudrais peut-être revenir (puisque tu as eu la bonté de mentionner mon billet comme étant à l’origine en quelque sorte de la réactivation de ta réflexion déjà bien entamée sur le sujet), c’est que la comparaison est une notion relativement étrangère à ceux qui ont une certaine connivence avec le silence (vanité des jugements, relativité des opinions, disparition des certitudes, etc….) Relativement, car mesurée à l’aune du quotidien cette intuition est parfois mise à rude épreuve. Le constater et en tirer les conséquences, c’est une des richesses de la pratique méditative.<br /> Amicalement,Marc
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Y
Merci de ton commentaire qui permet d'approfondir encore plus le sujet. En effet, la comparaison disparait d'elle-même par la présence du silence. Par quelque part, c'est aussi rester centré sur l'essentiel et non plus s'égarer dans les méandres de l'ego. Le quotidien reste finalement la meilleure épreuve dans le sens où il permet d'appliquer concrétement ce qui peut être découvert par les pratiques méditatives. Ce n'est pas toujours facile.AmicalementYog
T
Mais je ne comprends pas quelque chose...Comment nous pouvons se définir "Bon dans quelque chose" sans se comparer aux autres. Exemple si nous serions complètement isolé de tout le monde. Comment s'aurions-nous si nous sommes bon ou mauvais? C'est cette aspect de la comparaisons qui m'intrigue beaucoup.Comme, lorsque je joue du piano, c'est bien sûr pour mon plaisir personnel et j'aime observer mes perfomances, mon évolution etc. Mais lorsqu'il est temps de voir jouer quelqu'un d'autre, instinctivement, je me compare à lui. Parfois je me dis: "Il est bien meilleur que moi" même s'il est un petit peu plus vieux que moi. Parfois c'est le contraire.
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Y
En fait, c'est un peu ce que j'explique rapidement au début du billet. Dans un domaine précis, il est intéressant et utile de se comparer, afin de pouvoir progresser. Le problème vient dans le fait que cette comparaison s'accompagne d'un jugement de valeur et que l'attachement entre en piste. Alors, la comparaison devient querelle  d'ego et non plus un processus qui pourrait être constructif. Il faut faire attention à la jalousie qui provient de la comparaison. La difficulté réside dans le fait d'éviter dans la comparaison des placements de valeurs égotiques, comme des sentiments de supériorité ou d'infériorité. L'important étant de ressortir en quelque sorte grandi de la comparaison et non pas emporté par des sentiments destructeurs.Donc lorsqu'au piano, on entend quelqu'un jouer mieux que soi, c'est en quelque sorte une façon de voir le chemin qui reste à parcourir. Transformer la comparaison en quelque chose de motivant et constructif, au lieu d'entrer dans des processus paralysants, comme la jalousie, la dépression, etc.Amicalement Yog
E
Je trouve ta réflexion très intéressante, yog,s et ma foi plutôt complète.Cependant, adepte que je suis de l'introspection pour l'évolution spirituelle et la maturation, il me manque quelque chose dans ton article. Ce quelque chose aurait à voir avec le "pourquoi est-on amené à comparer... à se comparer ?"À quoi sert la comparaison ? À qui profite la comparaison et de quelle manière ?Ces questions me semblent essentielles pour avancer. Je crois à la compréhension de nos mécanismes afin de les amener à se dissoudre et a devenir inutiles avec le temps plutôt qu'à des règles de vie qui nous inciteraient à avoir certains comportements (ne pas juger, ne pas comparer...) qui ne seraient pas le reflets de notre nature à un instant précis...
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Y
A quoi sert la comparaison et pourquoi est-on amené à comparer ?Je pense que ça vient déjà de l'éducation. Très tôt dans l'enfance, les parents comparent aux autres enfants. A l'école, il y a aussi cette comparaison, entre élèves, etc. Pourquoi ce besoin de comparer ? Pour pouvoir se situer par rapport aux autres, je pense. Ainsi, il est possible d'évaluer sa position, d'un point de vue personnel et social. De plus, constamment, on cherche à justifier sa position, ses convictions, pour leur donner une valeur absolue et comme pour beaucoup, on existe à travers le regard des autres, la comparaison permet à nouveau de servir de prétexte à nos convictions.Il y a aussi le jeu de l'ego. Le jugement, la comparaison, permettent de se sentir mieux que l'autre, ou inversement. On en revient à nouveau à une sorte de recherche de reconnaissance. C'est rassurant en quelque sorte. Mais le problème réside dans le fait qu'il n'y a pas de sentiment d'exister par soi-même. Car si on arrive à être pleinement établi en soi, alors la comparaison devient inutile. Il ne s'agit pas de se contenter de ce qu'on est, mais de comprendre que chacun est différent et qu'il n'y a pas d'absolu dans la comparaison. C'est aussi admettre dans certaines situations nos faiblesses, sans pour autant déprimer ou détester l'autre pour ce que nous on a pas.D'un point de vue purement spirituel, la comparaison me parait être une démarche hasardeuse, car la spiritualité n'est pas un chemin fixe et similaire à tous. De plus, se détacher de la comparaison et du jugement, c'est permettre en soi une remise en question sincère et non déstabilisante. L'enjeu égotique a disparu en quelque sorte. On est plus dans l'avoir, mais dans l'être.Je crois à la compréhension de nos mécanismes afin de les amener à se dissoudre et a devenir inutiles avec le temps plutôt qu'à des règles de vie qui nous inciteraient à avoir certains comportements (ne pas juger, ne pas comparer...) qui ne seraient pas le reflets de notre nature à un instant précis...Je suis d'accord avec toi. Il ne s'agit pas d'entrer dans une logique d'imitation, qui ne serait pas une démarche sincère, mais de comprendre profondément en soi les mécanismes afin de ne plus y adhérer. C'est une transformation naturelle et profonde. Du coup, lorsque l'être intérieur se transmute, il y a changement de notre façon de vivre. Ce n'est pas répondre à des régles préétablies, mais suivre tout simplement l'injonction de l'être.AmicalementYog