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Pensées et réflexions.

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Douleur et lucidité

Ces deux derniers jours, en particulier dimanche, j’ai passé un très mauvais moment avec un virus qui a cru bon de provoquer dans mon organisme une grippe intestinale. Les spasmes étaient assez violents. En étant malade ainsi, je me suis interrogé sur la capacité à être lucide, à faire preuve de discernement dans ces moments-là. Dans le yoga, on cherche à éviter la souffrance, mais généralement, l’accent est mis surtout sur la souffrance non-physique. La douleur n’est pas réellement abordée, en tout cas, pas aussi longuement. Pourtant, lorsqu’on est dans la douleur, l’esprit ne peut pas s’occuper d’autre chose et se focalise sur l’endroit de notre douleur. Non seulement, à la longue, il y a épuisement physique, mais aussi mental. On perd la capacité d’écoute, le contact intérieur. C’est pour ça que dans les Yoga sutra de Patanjali, il est dit qu’il faut éviter toutes les souffrances. Il est donc bien question de travailler à avoir une bonne santé, afin de faciliter l’accès à la lucidité.
Mais ce serait un tort de croire que seules les personnes en bonne santé peuvent atteindre un éveil spirituel. Il me semble que si on regarde les mystiques, certains parviennent à atteindre un état de transcendance pendant des douleurs intenses. C’est en quelque sorte dépasser l’état de souffrance pour le transcender et accéder à un autre état.
Je pense à tout ça, parce que dans le yoga, pour atteindre un regard lucide, il est nécessaire de se détacher de nos tendances égotiques, de remettre le mental à sa place, pour se tourner vers l’intérieur et entrer en contact avec notre lumière intérieure. Or, si le mental est accaparé par la douleur ou la souffrance, il lui est difficile (mais pas impossible) d’atteindre un état de calme propice à l’émergence du Soi.
 
Je repense aussi à ma mère qui devait ressentir une grande douleur. Il lui arrivait d’avoir des coups de gueule les derniers temps, parce que la douleur continuelle tue à petit feu. Dans ces cas-là, il est sûr que la seule chose à attendre, c’est la fin de cette douleur, enfin la paix, le calme.
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A
bonsoir, j'aime beaucoup vos articles et je m'arrête pour commenter celui-là parce que je trouve que précisément, il est bien difficile d'être en paix avec soi lorsqu'on souffre que ce soit physiquement ou moralement<br /> en plus dans notre société occidentale on a l'habitude de dissocier le physique et le mental alors qu'en fait les deux sont liés et même intimement liés<br /> bonne soirée
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Y
Merci pour votre commentaire.<br /> En effet, trop souvent dans le monde occidental, le corps et le mental sont deux entités séparées. Personnellement, le yoga m'a permis de me réconcilier avec mon corps, de reprendre contact avec lui et de mieux saisir l'interdépendance entre eux.<br /> Amicalement<br /> Yog
G
La patience face à la souffrance<br /> <br /> Notre tendance générale est d'accorder une grande importance à une souffrance même petite: nous voulons absolument y échapper, nous en débarrasser. en raison de cette attitude, une petite souffrance devient un grand problème. Inversement, si nous savons supporter la souffrance, si nous restons ferme interieurement, même une grande souffrance devient une petite souffrance. Moins nous sommes patients vis-à-vis de la souffrance, plus celle-ci prend des proportions considérables. Plus nous sommes patients à l'égard de la souffrance, plus celle-ci perd de sa capacité à nous nuire.<br /> <br /> BOKAR RINPOCHE<br /> ==============<br /> Puisse cet extrait de texte alimenter votre réflexion.<br /> Amicalement,<br /> Genfi.
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E
Salut yog !<br /> Ton texte me remémore un stage de méditation que j'ai fait : la méditation vipassana. Pendant ce stage, on nous a enseigné à observer nos douleurs physique sans aversion si possible. On nous disais que si nous arrivions juste à observer, la douleur pouvait se dissoudre ou devenir moins violente et pénible qu'elle ne l'est quand nous luttons contre ou la refusons.<br /> Plus facile à dire qu'à faire...<br /> Par contre, je suis sceptique, à notre degré de consience, en ce qui concerne d'avoir comme but de ne pas souffrir. Je crois que nous devons plutôt apprendre à supporter la souffrance, ce qui, je pense, est le premier pas à faire. Accepter la réalité de la souffrance et la vivre. Je pense que c'est par la suite, après avoir accepter cet état de fait, que l'on peut essayer de s'atteler à moins souffrir...<br /> Qu'en penses-tu ?<br /> En tous les cas, je te souhaite un prompt rétablissement !<br /> Bonne journée !
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Y
Merci Elena. :-)<br /> Pour ce qui est de la douleur et de la souffrance, je pense qu'il est difficilement réalisable de ne plus les subir. Je n'écarte pas la possibilité qu'on puisse s'en libérer définitivement, mais je pense que se focaliser là-dessus risque de nous amener à beaucoup de désillusions et de découragements. Je pense que dans un premier temps il est nécessaire d'accepter la souffrance, de la vivre sans pour autant la rejeter, être pleinement présent. Mais je pense aussi que lorsqu'on vit une douleur très vive, il est difficile de l'amoindrir.<br /> Naturellement, on peut parler des hypothétiques états que peut ressentir un éveillé, mais pour celui qui chemine et qui vit dans le flot du mental, ces états ne sont pas forcément d'une grande aide. Il faut faire avec ce qu'on a et le plus simple est d'accepter les épreuves qu'on traverse sans pour autant s'y complaire.<br /> Amicalement<br /> Yog
G
Voici une lettre écrite par un lama tibétain à un autre lama tibétain:<br /> <br /> De façon générale, quoi qu'il s'élève, bonheur ou tristesse, vois-le dénué de toute vérité, tel une illusion.<br /> Quand la souffrance vient dans ton coeur, ne la considère pas avec aversion. Quand vient la joie, ne la poursuis pas non plus de ton attachement. Dans leur vrai nature, l'état de vacuité, souffrance et joie sont identiques. quand elles se manifestent comme souffrance, le but de cette souffrance et de purifier ta négativité. qu'elle soit l'éveil de ta compassion, le crochet qui te ramène au renoncement. quand vient le bonheur, sans le désirer particulièrement, laisse-le être, simplement, dans l'état naturel de l'esprit.<br /> Cet état naturel de l'esprit et la véritable nature du lama sont inséparable. En cela, il n'est ni bonheur ni souffrance; pur depuis l'origine, c'est la citadelle du dharmakaya. Dans cette réalisation, éveille un sens profond de dévotion. Fait ainsi, je vois cela comme le coeur de ta pratique.<br /> <br /> Bon rétablissement.<br />
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Y
Merci pour ce texte. Il est vrai que dans la philosophie orientale, et en Inde en particulier, la souffrance et la joie ont pour siège le mental, le corps. Or, le Soi est au-delà et comme il est immuable, il ne peut subir ces altérations. Il est comme le Témoin qui regarde une scène. L'idée est donc de maintenir son mental centré sur le Témoin, le Soi, afin de le reconnaitre et laisser le reste se détacher tout seul. <br /> En tout cas, j'ai failli écrire ce soir un billet sur cette histoire du mental et du Soi. Donc ton texte tombe à pic. Je fferais sûrement dans les prochains jours, un billet là-dessus.<br /> Amicalement<br /> Yog
M
Je m' étonnais de ton silence.Manger peu, du lait, du miel et de la patience et bientôt, tout ira mieux.Prompt rétablissement à toute la famille!Amicalement,Marc
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Y
Merci Marc. J'ai passé 48 h à ne rien manger, mais là ça commence à aller mieux. Merci pour tes conseils. Quand j'irai mieux, je redeviendrai sûrement très bavard comme à mon habitude. :-D<br /> Amicalement<br /> Yog