Pensées et réflexions.
Dans mon billet précédent, Jean-Pierre amène un commentaire très intéressant et pose des questions pertinentes. Je vais tenter d'y répondre.
La question principale qui ressort du commentaire est comment être présent ? Comment parvenir à rester présent à soi ? Je suis tenté de dire tout simplement par l'observation. Comment s'observer ?
Il existe plusieurs manières d'y parvenir. Je vais parler de ce qui m'est le plus familier, c'est-à-dire le yoga. La pratique du yoga permet d'atteindre un certain recul amenant à une réelle observation intérieure. La pratique des postures permet de se rendre attentif dans un premier temps à nos tensions physiques. En apprenant à se détendre, à écouter son corps, progressivement on change notre mental. On entre progressivement dans une plus grande écoute intérieure. Les différentes techniques yoguiques permettent d'aller vers un état plus apaisé. Elles développent notre concentration, notre attention. On s'éveille littéralement à notre monde intérieur. L'état de yoga s'étend peu à peu à nos activités quotidiennes. Au lieu de réagir au moindre stimuli, on reste en retrait. On distingue la nature de nos pensées, celles qui viennent de nos peurs, de notre conditionnement, etc.
Etre présent, c'est ne pas se laisser emporter par nos pensées, nos émotions. Par ne pas laisser emporter, j'entends rester dans un état d'observation. Il ne s'agit pas de ne plus penser ou de ne plus ressentir, mais au lieu de se laisser mener comme un pantin par les activités de notre psychisme, on observe, on reste présent. Il ne s'agit pas d'entrer dans une attitude de force, où on se force à avoir une attitude, ce qui ne serait qu'une violence de plus parmi tant d'autres, mais plutôt rester immobile, centré.
On peut expérimenter ça aussi dans la pratique instrumentale. Dans la pratique pianistique, on apprend à rester centré, en retrait afin que nos instabilités intérieures ne viennent pas perturber notre jeu. Le pianiste reste présent à ce qu'il fait, ne se projette pas et est totalement absorbé par ce qu'il est en train de faire. La notion du "je" disparait même momentanément. On quitte les frustrations provoquées par nos projections. Il ne s'agit donc pas d'esquiver le présent, d'aller dans un futur, mais bien au contraire de vivre pleinement le présent.
Peut-on se forcer à vivre le présent ? Non, et d'ailleurs il ne s'agit pas de ça. Lorsque je parlais de stabilité intérieure, je parle d'un état immobile, centré, où il est possible d'y demeurer. Il ne s'agit pas de se forcer à rester immobile, mais bien de ne pas se laisser emporter par les diverses pensées qui passent par le champ de notre conscience. Bien sûr qu'un tel état de stabilité ne s'atteint pas du jour au lendemain, mais la pratique de la méditation, du yoga, d'un instrument de musique, et sûrement bien d'autres activités artistiques ou autres, permettent de transformer notre façon d'être. Même si c'est difficile à concevoir, il ne s'agit donc pas de se forcer, mais à travers diverses pratiques, il est possible de voir apparaitre naturellement cet état de stabilité. Ce serait une erreur que de croire qu'il n'est pas possible d'avoir une influence sur notre univers intérieur. Depuis tout petit, on apprend à gérer nos émotions, nos pensées. Pourquoi en serait-il autrement une fois l'âge adulte arrivé ?
Pour finir, je précise que mes billets sur ce blog ne sont pas destinés à avoir un but précis. Ils ne sont pas là pour donner des méthodes. Ils sont juste là, comme des points de départ, des invitations à réfléchir, et l'expression d'un vécu.