Pensées et réflexions.
Souvent, j'utilise l'expression "aller vers l'essentiel". Mais au fait, c'est quoi l'essentiel au juste ?
C'est une bonne question et il se pourrait bien que chaque individu apporte une définition différente de ce que peut être l'essentiel. Certains trouvent que mener une belle carrière professionnelle est essentielle. D'autres veulent la célébrité. Souvent, l'essentiel est lié à l'ambition. Celle-ci est mise en valeur de façon exacerbée. Ne pas avoir d'ambition relève même d'un certain immobilisme, et parfois certains vont jusqu'à dire que quelqu'un qui n'a pas d'ambition est un raté.
Personnellement, je pense que l'essentiel ne correspond à ces idées. J'ai constaté une chose assez récurrente chez certains. Lorsque j'écoute le témoignage de personnes qui ont perdu un être cher, ou qui sont face à la maladie, je constate qu'elles ne parlent pas de carrière, pas d'argent, mais plutôt du temps, de l'amour qu'elles portent à leurs proches. Notre société tient à valoriser à tout prix le travail, la carrière professionnelle. Il est en effet juste que le travail soit valorisé, mais jusqu'à quel point ? Tout sacrifier pour sa carrière, est-ce réellement un choix judicieux ? Peut-être peut-on trouver un équilibre entre une certaine ambition professionnelle et du temps à consacrer à sa famille…
L'essentiel est peut-être finalement intimement lié au bonheur. Où trouver son bonheur ? Notre société de consommation apporte une réponse claire et simple à cette question : le bonheur se trouve dans l'argent, dans la possession, l'avoir. Consommer pour avoir toujours plus et se sentir bien. Mais avoir toujours plus, apporte-t-il réellement le bonheur ? C'est étrange d'ailleurs de voir le nombre de personnes très riches qui finissent dans des grosses dépressions. Ce n'est pas logique, n'est-ce pas, puisque notre société nous dit que le bonheur est dans l'avoir. Peut-être n'ont-elles pas encore assez ?
A moins que notre société de consommation se trompe. D'ailleurs, l'état actuel de notre planète est le résultat de cette société qui veut toujours plus. Elle pille les ressources naturelles, exploite les gens au nom de la rentabilité. Et l'humain dans tout ça ?
L'humanité a voulu depuis des lustres, aller vers un confort matériel. En effet, c'était important, car il est nécessaire de vivre dans un certain confort. Le problème, c'est qu'une fois l'objectif atteint, la société a continué à vouloir toujours plus. Notre avidité, notre soif d'avoir toujours plus, nous lance dans une quête sans fin. Et au bout du chemin, on le voit bien, le bonheur n'est pas au rendez-vous. Avoir ne permet pas de résoudre notre chaos mental. Ce n'est pas en possédant plus, qu'on parvient à calmer nos angoisses par rapport à la vie, à la mort, au mystère de l'existence. Avoir ne permet pas à l'humain de se transformer profondément. Finalement, la société de consommation déshumanise les personnes.
Et si notre humanité ne nous avait jamais quitté ? Si elle était au fond de nous. Tout simplement.
En ce qui me concerne, je pense que l'essentiel se trouve dans la simplicité. Il suffit de voir notre état intérieur fluctuant pour constater qu'avoir ne permet pas de résoudre ce chaos. Bien sûr qu'acquérir un nouvel objet fait plaisir, mais celui-ci ne dure pas longtemps. Puis vient alors l'attachement à l'objet, qui devient finalement source d'angoisse, par peur de le perdre. On entre dans une spirale sans fin. Mais si on se tourne vers l'intérieur, peut-être que se cache un début de réponse. En explorant notre monde intérieur, il est possible de comprendre notre fonctionnement profond. En le comprenant, il est alors possible d'identifier ce qui est fondamentalement primordial de ce qui est superficiel. Tout doucement, en enlevant les différentes couches, apparaît alors une certaine simplicité. L'essentiel serait peut-être alors lié à une certaine simplicité intérieure qui nous permet de voir avec clarté ce qui est important dans la vie. L'amour, le cœur, l'humain…