Sur le blog " Méditer faute de mieux ", Marc a eu la bonne idée de lancer un devoir de vacances. J’ai trouvé les questions intéressantes au point d’en faire un billet. Voici les questions de Marc : " C’est quoi pour vous, une vie enviable ? Avez-vous un modèle en la matière ? Qui auriez-vous aimé être ? Qui a vécu une vie que vous enviez ? " Il y a quelques années, j’aurais sûrement eu une profusion de modèles en tête, avec de belles idées préconçues sur une vie enviable. Mais le temps faisant son œuvre, je me suis rendu compte que souvent nous projetons nos idées mentales sur la réalité, nous coupant d’une perception juste de celle-ci. De plus, à chaque fois que je me projetais dans un personnage, que ce soit une personnalité connue ou pas, j’ai été déçu. Pourquoi ? Tout simplement du fait que j’idéalisais les êtres et qu’au final leur réalité me sautait au visage, m’amenant forcément une certaine déception, puisque ça ne répondait pas à mon idéalisation. Puis avec le temps, j’ai pris conscience que finalement il était plus intéressant de voir les gens tels qu’ils sont, plutôt que tels qu’on voudrait les voir.
Aux questions " Avez-vous un modèle en la matière ? Qui auriez-vous aimé être ? Qui a vécu une vie que vous enviez ? ", je réponds tout simplement que je ne sais pas. Je n’ai pas de modèle en la matière. Je peux apprécier la vie d’autrui, la trouver admirable, belle et authentique, sans pour autant vouloir être à leur place.
Afin de pouvoir cheminer et aller vers une transformation intérieure profonde, il est important, à mon avis, de passer par l’acceptation de soi. S’accepter tel qu’on est, se voir sans jugement, avec même une certaine compassion qui ne doit pas entrer dans la complaisance. Ainsi, il est possible de voir de ce qu’on est fait et de progressivement s’alléger. Ca ne veut pas dire non plus se contenter définitivement de ce qu’on est, ni entrer dans une certaine estime égotique de soi. C’est tout simplement mettre fin à un tumulte mental, de mettre fin à une certaine forme de devenir psychologique et d’arrêter d’être partout, sauf là où on est réellement.
A la question " Qui auriez-vous aimé être ? ", ma réponse sera la suivante : " j’aimerai être ce que je suis, dépouillé du chaos mental. "
Reste encore une question à laquelle je n’ai pas encore répondu : " C’est quoi pour vous, une vie enviable ? "
Je ne sais pas ce que peut être une vie enviable. Je me souviens bien des idées que j’avais sur l’éducation avant la naissance de mon fils. J’étais rempli de plein de certitudes, d’idées sur comment faire. Puis, au contact des événements, au contact de la réalité, je me suis rendu compte que mes idées étaient bien belles, par moment même utopiques, mais bien déconnectées de la réalité. Peu à peu, au lieu de me conformer à mon idéal d’éducation, je me suis mis à m’adapter à la réalité, et à apprendre au contact de mon fils. De ce point de vue, les enfants sont de merveilleux enseignants. Ils nous éduquent d’une certaine façon, et nous renvoient une image de nous très peu déformée. (du moins au début, après, ils savent nous caresser dans le sens du poil) Si je devais répondre à ce que pourrait être pour moi une vie enviable, je dirais que c’est ma vie. Je suis globalement satisfait de ce que je vis, sans pour autant me laisser bercer dans la complaisance. La vie est faite de haut et de bas, de joies et de souffrances, et au final, l’important est de vivre les choses pleinement, en tout simplicité. Donc, pour répondre à la question, je dirais que pour moi une vie enviable, ce serait une vie simple remplie d’une harmonie intérieure.