Pensées et réflexions.
Hier, j'entendais à la radio une personne qui racontait son rôle de bénévole chez les malades en fin de vie. Elle racontait comment elle était arrivée à être présente dans ces moments difficiles. Un travail de deuil qui n'a pas été fait correctement l'avait poussée à aller s'occuper des personnes en fin de vie. Ce bénévole disait à quel point il avait appris aux contacts d'elles et que ce qu'il l'avait frappé, c'était ce retour à l'essentiel, laissant de côté tout le superflu. Comme si l'imminence de la mort nous mettait face à des évidences, face à l'essentiel. Ce bénévole parlait de leçons de vie.
Son discours m'a frappé, car c'est exactement ce que j'ai ressenti au décès de ma mère. La mort d'un proche peut être un vrai électrochoc qui nous réveille et nous fait prendre conscience de ce qui est essentiel et de ce qu'il n'est pas. Prenant conscience que le temps est compté, que de toute façon, quoiqu'on fasse, l'issue sera toujours la même, on se tourne alors vers l'essentiel. On comprend alors que le temps est précieux et qu'il ne doit pas être gaspillé. Alors naturellement, ça ne veut pas dire qu'on prend tout au sérieux, bien au contraire, mais on fait d'autres choix. Des choix qui nous amènent vers plus d'harmonie, plus d'amour, plus de sérénité. On laisse de côté les relations énergivores, on privilégie les personnes qu'on apprécie particulièrement, et on évite de se perdre dans des conflits secondaires. C'est un vrai retour à la simplicité qui permet d'apprécier la vie à sa juste valeur. C'est paradoxalement aller vers aussi plus de légèreté, pas dans le sens frivole, mais dans le sens qu'on laisse derrière soi nos lourdeurs, tout ce qui est en trop.
Les personnes en fin de vie nous donnent de grandes leçons. Malheureusement, la douleur de l'anticipation de la perte d'un être cher et finalement sa perte, le chagrin nous empêchent de vivre pleinement ses moments cruciaux. Bien sûr qu'après leurs départs, on se sent vide, dans le manque de leurs présences, mais en allant au-delà, en faisant un vrai travail de deuil, il est possible d'aller vers une nouvelle conscience de notre vie, ou même de la vie. La vraie question n'est donc pas de savoir quand on va partir, mais bien de savoir comment on va gérer le temps qui nous est donné. Ce temps-là est précieux et il est important de lui consacrer toute notre énergie positive. La mort finalement nous révèle toute la valeur de la vie. Au lieu de voir la mort comme un tabou, peut-être peut-elle nous enseigner beaucoup de choses. Les êtres en fin de vie nous parlent de présence. Finis les discours sur l'avoir, sur l'apparence, les objectifs. Les jugements tombent et laissent place au seul fait d'apprécier la présence de nos êtres chers. Finalement, c'est peut-être ça qui devrait guider nos vies. Apprécier le temps présent en laissant de côté toutes nos lourdeurs, nos jugements, nos peurs. Vivre pleinement, être présent.