Pensées et réflexions.
Dans nos vies, on cherche le plus souvent à agir avec justesse, être juste envers soi et les autres. On se dit que dans telle situation, il est important d'agir juste, c'est-à-dire comme il faut. On a une notion de vouloir bien faire ou du moins ce qui nous parait être le plus juste. Mais pour mettre nos actes dans une certaine justesse, il faut bien comprendre ce qui nous motive. Dans certaines situations, on agit plus impulsivement qu'autre chose. Par quelque part, on agit irrationnellement. D'un autre côté, agir rationnellement gène aussi, car la notion de calcul semble nous couper de notre humanité et de notre coeur. Difficile équilibre à trouver. Mais peut-être qu'il n'existe pas de solution parfaite. Peut-être que lorsqu'on est face à une situation, on ne peut qu'essayer d'agir au mieux en fonction de nos capacités sur le moment. Il est facile de se dire après qu'on aurait dû faire les choses autrement, mais il faut rester conscient que sur le moment, on agissait en fonction de ce qu'on savait, de notre personnalité du moment qui est forcément différente de celle qui prend du recul bien plus tard. Finalement, peut-être que la notion de justesse, d'agir juste, est erronée. Peut-être qu'il n'existe pas de solution parfaite. Il existe de toute façon des situations où il n'est pas possible de trouver une issue où tout le monde s'en sort bien. Agir justement est peut-être plus de l'ordre la projection que de la réalité. A moins qu'être juste signifie plutôt être en accord avec soi. Préserver son intégrité, son individualité.
Je pense que la notion de "justesse' est liée aussi à une certaine idée de l'objectivité. Etre objectif afin de pouvoir agir justement. Seulement, dans la vie quotidienne, on est tout sauf objectif. On voit la vie à travers notre subjectivité, notre relativité je dirais presque. Mais l'aspiration à la perfection, à des actes parfaits, nous met face à une certaine illusion, celle de penser qu'en toute situation il y a une façon juste d'agir. Lorsque j'agis juste pour moi, en accord avec ce que je pense, ce n'est pas forcément juste pour l'autre. Il y a l'expression suivante qui illustre un peu cette idée : "Le malheur des uns fait le bonheur des autres." Sans aller jusqu'à des notions de bonheur et de malheur, on peut voir que lorsqu'on agit d'une certaine façon, ça peut être mal perçu par autrui. Pourtant, on peut penser agir justement.
Alors que faire ? Je pense que le plus simple est d'agir en accord avec soi, avec nos convictions, tout en comprenant la subjectivité de notre position. Ca permet de relativiser les actes et pensées des uns et des autres. Quitter un peu cette idée de perfection qui paralyse plus qu'autre chose, et retrouver par quelque part notre humanité, sans pour autant céder à nos pulsions les plus primaires. L'humain est doué de raisonnement et de compassion. Qu'il en fasse bon usage...