Les textes présentés ici se veulent être des
pistes de réflexions et non des idées figées.
Juste l'expression instantanée d'une pensée
survenue au détour d'un questionnement. Liste des articles
Lorsqu'un être cher nous quitte, ce qui est le plus pesant est l'absence, ce vide paradoxalement si présent qui nous alourdit et nous rappelle à chaque instant à ce
qui nous manque. Bien sûr, la mémoire peut oeuvrer et nous rappeler les bons moments qu'on a pu vivre avec cette personne, mais bien que ceci soit précieux, ça reste du passé, quelque chose qui
n'existe plus. Mais je crois que le plus dur à vivre, c'est bien ce qui ne sera plus. Ne plus avoir cet échange avec l'être cher, ne plus pouvoir aller dans le partage et vivre seul des moments
qu'on sait que ce parent aurait aimé vivre avec soi. Alors on reste là, dans ce vide si parlant, terrifiant qui nous ramène à notre mortalité. Que laisse-t-on derrière soi ? Sommes-nous si
passagers, si impermanents ? Bien qu'on soit un jour oublié par le temps, car qui pensera à nous dans 100 ans, ce passage sur terre, cette vie peut être remplie d'amour et de joie dans le coeur
de nos proches et de nos enfants. Je trouve difficile de vivre avec cette idée de savoir que de toute façon la fin est inéluctable. Il est difficile ainsi de se motiver afin de construire quelque
chose, sachant que tout passera. Et pourtant, à part vivre au mieux, non pas égoistement, mais vivre le plus justement possible, en essayant d'établir des relations saines et aimantes avec notre
proche entourage, à part tout cela, quel autre sens pourrait-on donner à sa vie ?
Depuis des années, la mort tient une place dans ma pensée. Mais tant qu'on y est pas confronté, on peut encore la gérer. Lorsqu'elle frappe, lorsqu'elle enlève avec violence les parents qu'on
aime depuis son enfance, elle prend une place pesante. En même temps, elle recadre les choses, elle pousse à revoir les priorités et se concentrer sur l'essentiel. Choisir sa propre vie, faire du
mieux pour les personnes qui nous aiment. Et pourtant, quoiqu'il arrive, on fera souffrir nos proches, car un jour, on ne sera plus là. Cette idée est terrifiante, car on ne peut rien y
faire.
Alors en attendant ce jour fatidique et inéluctable, le mieux à faire est de vivre pleinement, en mettant de côté tout ce qui peut gangréner la vie, et profiter avec joie et amour de ce précieux
temps qui nous est accordé.
Un vieux dicton dit que le temps c'est de l'argent. Oh non, ce n'est pas de l'argent, mais du temps qui s'écoule, des moments de joies, d'amour, de partage, qui passent devant soi et qui ne
demandent qu'à être saisis. Que l'absence de nos disparus nous guide vers la joie de chaque instant qui nous est donné de vivre.
Dans notre société, les médias nous construisent des personnages qui deviennent un peu comme des îcones. Les célébrités sont adulées, elles sont montrées souvent en
exemple. Les jeunes s'identifient à elles et se construisent même autour de l'image qu'ils en ont. Mais tout ça relève presque du fantasme, de l'imaginaire. Ces célébrités sont rarement
réellement rencontrées. Elles ne sont pas non plus à l'image montée par les médias. Elles peuvent remplir des salles entières, mais d'un point de vue purement humain, on ne les connaît que très
peu.
A côté de ça, il y a les anonymes. Ces personnes qui ne sont pas connues du grand public, mais qui sont là au quotidien. Elles nous permettent de nous construire, de vivre. Dans chaque entourage,
on a généralement au moins une personne qu'on apprécie et qui nous aide réellement, ne serait-ce parfois qu'à travers un mot d'encouragement de temps en temps. Ces anonymes sont le moteur de nos
vies. Ces personnes ne remplissent pas des salles entières, mais remplissent nos vies, nos coeurs.
Je me suis construit bien plus grâce aux diverses rencontres que j'ai pu faire, qu'à travers les idoles des médias. Bien sûr, comme tout le monde, j'apprécie certaines célébrités, mais plus pour
leur travail que pour la personne en elle-même. Je crois qu'il est important de prendre conscience de toute l'aide qu'on peut avoir de notre entourage. Des personnes simples, mais qui sont
tellement importantes à nos yeux. Merci à tous ces anonymes.
Dans l'inconscient collectif, il y a un certain nombre de peurs qui nous suivent depuis des lustres. Il y a eu toute une théorie là-dessus d'ailleurs, où il était
question que nos peurs ancestrales seraient une réminiscence de notre mode de vie d'il y a des millénaires. Ainsi, les phobies d'araignées pourraient s'expliquer par un souvenir ancestral où
l'espèce humaine n'était qu'à ses débuts et étaient la proie de crabes. Bref... Une sorte de mémoire génétique qui se transmet au fil des générations et ce depuis belle lurette.
Parmi les peurs qui nous hantent, il y a celle de ce qu'on ne voit pas et les microbes et virus font partie de ce qui peut nous effrayer le plus. Lorsque la peur nous envahit, d'un coup, des
réactions totalement irrationnelles peuvent apparaitre. Si en plus, c'est doublé par le doute, on alors obtient un mélange explosif. La peur et le doute inhibent la raison,
l'esprit critique. La personne se trouve alors dans un état vulnérable où il est aisé de lui faire faire beaucoup de choses. Malheureusement, il n'y a rien de mieux pour manipuler des masses
entières.
On vit dans un monde riche en informations. Il est difficile de recouper les diverses données qu'on peut recevoir. Se forger une opinion propre devient même par moment quasi mission impossible.
Pourtant, je pense qu'il ne faut pas se laisser aller aux peurs et aux doutes, et rester avec un état critique aiguisé. Naturellement, ce n'est pas facile, mais par quelque part, une certaine
forme de liberté de penser passe par là. Ne pas se laisser endormir par des discours répétitifs et alarmistes. Savoir garder une lucidité qui permet de garder son propre destin en main. Il y a
déjà tellement de choses dans la vie qui échappent à notre contrôle que ce serait bien dommage de perdre en plus notre capacité à penser par nous-mêmes. Ce n'est pas toujours évident, mais le jeu
en vaut la chandelle.
Selon le point de vue qu'on adopte, il est possible de voir les choses sous un autre angle. Lorsqu'on possède cette capacité à se mettre à la place de l'autre, ça
peut aussi bien être un atout qu'une difficulté. Car, lorsqu'il est possible de comprendre le point de vue de l'autre, il peut être difficile de trancher, de savoir où soi-même se situer. Ainsi,
on est face à la douloureuse impression de ne pas connaître sa place et de ne pas pouvoir faire un choix parfait. C'est bien là le noeud du problème, la perfection. Un choix peut-il être parfait
? La perfection existe-t-elle ?
Lorsqu'on a une grande soif d'absolu, une envie de se situer à un point de vue idéal, on peut se trouver dans une incertitude constante et dans l'incapacité de trancher. Après tout, on nous
bassine assez que le choix est subjectif et que donc il n'est, par nature, pas parfait. Que reste-t-il donc à faire ? Rester dans le non-choix ?
Ne pas choisir implique aussi presque de ne pas exister, car finalement, à travers nos choix, on se construit, on s'affirme. Finalement, peut-être est-il important de comprendre que le choix
parfait n'existe pas. On peut bien faire un choix en fonction de soi, de nos attentes, mais lorsque l'esprit de raison cherche une solution idéale, il n'est difficile d'aller vers un choix
subjectif. Faut-il pour autant y renoncer ?
A un moment, je crois qu'il est important de savoir où se situer, s'affirmer et assumer sa propre nature. Il ne s'agit pas de le réaliser n'importe comment, mais d'oser aller vers quelque chose
de non parfait. C'est aussi abandonner une certaine utopie, un préjugé qui nous ferait croire que la perfection existe. De toute façon, sous quels critères peut-on définir la perfection. N'est-ce
pas une nouvelle invention de notre esprit ? L'humain est imparfait et par quelque part, par moment, c'est aussi ce qui fait sa richesse. De nos erreurs, il est possible d'apprendre. Etre
parfait implique presque une fin. Alors au lieu de vouloir courir vers une hypothétique perfection, peut-être vaut-il bien assumer notre imperfection bien humaine et savoir l'assumer. Ca
n'empêche pas d'évoluer, de tendre vers un idéal, à condition de savoir rester pragmatique.
L'autre jour, je lisais une petite histoire de Coehlo sur laquelle j'étais tombé par hasard. (car je ne suis pas vraiment un lecteur assidu de Coehlo, bref...) La
petite histoire racontait la quête de sagesse de certaines personnes. Ils voulaient aller voir un moine isolé. Mais l'une des personnes, faisant preuve de lucidité, disait que finalement comment
peut-on trouver la sagesse chez quelqu'un qui est complètement retiré du monde ? Il est facile de faire preuve d'une grande maitrise de soi dans l'isolement, de ne jamais faillir lorsque rien de
tentant passe par là. On peut atteindre en effet une grande sérénité dans la solitude. Mais qu'en est-il lorsqu'on prend cette personne et qu'on la met dans le monde ? Car, il est relativement
aisé d'atteindre une certaine maitrise de soi dans l'isolement, surtout lorsqu'il n'y a finalement que peu de choses à maitriser. Par contre, il y a sûrement plus d'enseignements à tirer de
personnes ayant une certaine pratique de soi et qui sont restées dans le monde. La quête de sagesse ne devrait pas se couper du monde. Il n'est pas à rejeter. La vie nous apporte son lot
d'enseignements et d'occasions qui peuvent nous tirer vers le "haut". (ou pas) Etre en contact avec autrui permet d'apprendre énormément de choses. Se retirer ponctuellement de tout ce brouhaha
est bénéfique, car ça permet de se ressourcer. Il est tentant alors de rester dans cet havre de paix, mais la vie n'est pas que là.
Je regardais hier une émission sur les origines de l'homme. C'était passionnant de parcourir ainsi l'évolution humaine au cours des millions d'année. Les dernières
découvertes montrent que notre espèce a non seulemnt évolué au cours du temps, mais qu'il existait différentes espèces d'hominidés. En se rapprochant de notre époque, les anthropologues
découvrent non seulement des ossements mais aussi les premières traces du développement de notre conscience et de notre intelligence. Ainsi, les premiers bijoux, des petits coquillages, datent
d'il y a 75 000 ans.
Je trouve ça stupéfiant de voir comme l'homme a évolué et est passé du stade animal dominé par ses instincts, à celui d'humain ayant les capacités de se maîtriser et de dominer son environnement.
Le simple fait qu'on soit passé au stade du langage est quelque chose de fascinant.
Pourtant malgré nos millions d'années d'évolution, l'humain n'est pas encore assez sage, puisqu'il est arrivé à un stade où il détruit son environnement. Il est passé de la phase domination à
celle d'exploitation à outrance sans tenir compte des conséquences à venir. Ce n'est pas la première fois, cela dit, sauf que cette fois, c'est à l'échelle planétaire.
En regardant dans le passé, en voyant notre évolution à travers les âges, on se rend compte à quel point notre survie a été une succession de coups de chance. Il suffisait qu'un seul élément
soit différent pour que l'humain ne parvienne jamais à notre stade actuel. En voyant ça, je crois qu'il faut savoir faire preuve d'humilité. Bien sûr l'homme est un être doué d'une grande
intelligence, mais celle-ci est un outil qui se doit d'être bien manié. Bien qu'on soit capable de dominer nos pulsions, ce n'est pas pour autant qu'on y parvient à chaque fois. L'humain est
capable du meilleur comme du pire. Une sorte d'ambivalence constante. Une lutte constante entre nos aspirations les plus pures et nos instincts les plus primaires. Faut-il pour autant renier une
partie de nous ? Ou plutôt y a-t-il un équilibre à trouver ? Car certains de nos instincts peuvent se révéler importants dans certaines situations. La peur de la mort, de voir disparaitre notre
espèce, peut permettre à des prises de conscience qui vont faire évoluer le monde. (dans un même temps, cette peur est utilisée pour nous faire gober tout et n'importe quoi aussi, donc toujours
rester vigilant) Nos aspirations vers quelque chose de mieux peuvent construire un monde meilleur. (mais peuvent aussi nous mener vers du fanatisme et aller vers l'intolérance) Peut-être qu'il y
a un équilibre à trouver. De toute façon, je crois qu'il ne faut pas se faire d'illusion, il n'existe jamais de formule toute prête. C'est peut-être ça le point de fort de notre espèce, la
capacité à s'adapter. Une intelligence ouverte et souple et non pas une qui s'enferme dans des schémas rigides.
La vie nous met face à un choix paradoxal. De par son impermanence, on serait tenté de vouloir profiter un maximum des plaisirs de la vie et
ainsi ne se donner aucune limite. Mais d'un autre côté, prévoir, construire, se projeter, deviennent une nécessité pour avoir une vie organisée et harmonieuse. La vie nous réserve un certain
nombre de devoirs auxquels on ne devrait pas se soustraire. Alors, on est tiraillé entre l'envie de profiter au maximum de la vie et de l'autre de se protéger, se projeter. On peut toujours se
projeter dans un avenir plus ou moins éloigné où on se dit qu'on pourra toujours à ce moment-là faire ce qu'on a vraiment envie, mais de par l'impermanence des choses, peut-être qu'on ne sera
plus là pour le faire. D'un autre côté, profiter de la vie maintenant, sans se soucier de l'avenir, peut être préjudicial, surtout si ce futur devient réalité. On est donc face à un choix
paradoxal ou peut-être pas. Peut-être que trouver un équilibre entre l'envie de profiter de la vie et la nécessité de se projeter, pourrait amener une vie harmonieuse.
Il n'y a peut-être pas forcément d'opposition entre ces deux éléments. L'impermanence de la vie et la confrontation à la mort nous recadrent et nous invitent avec insistance à se concentrer sur
l'essentiel. Faire le tri dans sa vie entre ce qui est futile et ce qui ne l'est pas, sans pour autant bannir les petits plaisirs de la vie. Tout en sachant que les plaisirs restent impermanents
eux aussi. Inexorablement, tout a une fin. Ca ne sert à rien de se voiler la face. Devant cette évidence, se projeter dans l'avenir change de perspective, car on ne voit alors plus le temps à
venir comme quelque chose d'infini pour soi, mais bien de fini. Ca permet à nouveau de se recadrer, de comprendre que par moment, c'est sur l'instant qu'on doit accomplir certaines choses, car le
temps court et ne se rattrape pas. Finalement, être bien présent à soi, attentif aux personnes et aux choses qui nous entourent, afin de pouvoir vivre pleinement sa vie.
La sagesse serait en fait peut-être qu'une question de bon sens. Rien à voir avec une connexion avec une quelconque entité ou un savoir caché
quelque part, mais juste une question de lucidité et de bon sens. Juste un regard qui ne subit plus les différentes influences qui nous animent. Voir la relativité des choses et comprendre qu'on
ne sait finalement pas grand chose. Ce serait alors peut-être un art de vivre. Rien de bien compliqué en somme, juste revenir à une simplicité, à se dépouiller de nos lourdeurs et vivre avec
spontanéité sans pour autant se voiler la face. Rien d'extraordinaire finalement. Rien de sensationnel. Pas de connexion avec une puissance, juste être là, simplement. La sagesse serait alors à
portée de main, tout juste devant nous, en nous, dans l'attente d'être saisie. Pour cela, peut-être faudrait-il oublier les quêtes illusoires, l'habitude de se raconter des histoires pour se
rassurer. La sagesse serait peut-être le fait de ne pas savoir, de rester dans le questionnement sur les énigmes de la vie. Mais d'un autre côté, par le discernement, la sagesse pourrait nous
donner des outils pour arpenter notre vie, avec simplicité, mais aussi avec plénitude. Elle ne donne pas un état de béatitude constante, car voir les choses telles qu'elles sont, implique aussi
une certaine souffrance. Voir l'absurdité de certaines choses et notre impuissance face à elles.
Chaque personne recèle en elle une grande sagesse à certains instants. Pas besoin d'aller suivre de quelconque enseignement, juste être disponible à soi, à l'instant, afin de pouvoir aborder la
vie avec lucidité et simplicité. La sagesse est peut-être plus accessible que l'on ne croit.
"La perfection est atteinte, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer."
Saint-Exupéry.
Je suis tombé l'autre jour sur cette citation. Je la trouve très intéressante et parlante. L'idée de la perfection ne serait alors pas le fait d'atteindre un état par la force de rajouts
successifs, mais bien d'aller vers un dépouillement. On retrouve cette notion finalement dans le non-savoir. "Je sais que je ne sais pas". N'est-ce pas cette idée de dépouillement, de légèreté
?
Saint-Exupéry laisse aussi entendre que la perfection est déjà là, dans l'attente d'être découverte. Il suffit d'enlever des couches de patine afin de libérer le potentiel qui se cache derrière.
Lorsque le Bouddha invite à lever les voiles de l'illusion, on reste dans cette même notion. Découvrir le sens profond de l'existence ne consiste peut-être pas accumuler du savoir, mais au
contraire à se libérer de tout ce qui voile notre vision. Lorsque la nature crée de merveilleux paysages, ils sont là, devant nos yeux, encore faut-il les voir. Prendre le temps de les voir, de
les contempler et de s'ouvrir à cette beauté. Il n'y a rien à faire, si ce n'est de se rendre disponible, accueillir en soi toute cette beauté.
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