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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 23:19

Je republie un ancien article que j'avais enlevé du blog. Mais je tiens à le remettre, car je le trouve intéressant et il va bien avec la rubrique musique.

Depuis que je pratique le yoga, ma façon d'aborder le piano évolue. Je considère maintenant la pratique du piano comme une extension et un terrain d'application du yoga. Le Yoga vise à identifier en nous les différents mouvements intérieurs et à parvenir à rester centré. Si on prend les huit membres de Patanjali, on constate qu'ils peuvent parfaitement s'intégrer à la pratique du piano.

Patanjali évoque la posture. Elle doit être ferme et aisée. Pour jouer au piano, il est nécessaire d'avoir une grande détente, afin de libérer les tensions et les crispations, pour pouvoir aller vers un jeu fluide. Toutefois, trop de détente ne permet pas de rester dans un jeu dynamique. Il est donc primordial d'être ferme et aisé. La pratique des asanas m'a permis d'aller vers une plus grande conscience corporelle. Ainsi, il m'est possible lorsque je joue au piano, d'identifier rapidement les tensions et de les faire partir. Je parviens même à sentir l'émergence d'une tension avant même qu'elle s'installe. Ainsi, je peux détendre le corps. Mais si je parviens à ceci dans un certain nombre de morceaux, il m'est encore un peu difficile de l'appliquer correctement sur des pièces plus virtuoses. Les vieilles habitudes sont difficiles à éliminer et il faudra du temps et de la persévérance pour y parvenir. On trouve là à nouveau un principe du yoga qui consiste à avoir une pratique constante et persévérante.

Patanjali évoque aussi la maitrise du souffle. A première vue, le piano ne nécessite pas la respiration pour jouer. En effet, ce n'est pas un instrument à vent. Mais par contre, le souffle influence notre état mental et corporel. Ainsi, lorsqu'un passage difficile apparaît dans une pièce au piano, on a tendance automatiquement à couper son souffle et du même coup à crisper. En faisant attention à préserver une respiration normale, on peut alors désenclencher le processus et retourner à la détente.

Patanjali parle aussi de pratyahâra, le retrait des sens et de dhâranâ, la concentration. A priori, on pourrait se dire que le retrait des sens n'est pas approprié à la pratique du piano. Pourtant, lorsqu'on joue au piano, il est important d'entrer un peu comme dans une bulle, se concentrer uniquement sur le jeu du piano et se couper en quelque sorte du reste du monde. Ca rejoint par quelque part l'idée de pratyahâra, le retrait des sens, se couper du monde extérieur. Ainsi, n'étant plus distrait par les stimulis extérieurs, il est possible d'atteindre une grande concentration, dhâranâ.

Les derniers membres de Patanjali sont la méditation et le samâdhi. Lorsqu'on parvient à être pleinement concentré, coupé des influences extérieurs, en restant détendu, aussi bien au niveau du corps et du souffle, on peut dire qu'on est dans une sorte d'état méditatif. La conscience de soi disparaît et il y a fusion entre le piano, la musique, et soi. Ca rejoint dans une certaine mesure les derniers membres évoqués par Patanjali.

Ceux qui connaissent bien le Yoga classique de Patanjali doivent se dire que je n'ai pas évoqué les premiers membres, yama, principes relationnels, et nyama, principes personnels. Sans entrer dans une étude plus approfondie, je pense que ces principes sont aussi utiles à la pratique du piano. Peut-être pas au moment même de jouer, comme ce sont des principes de vie, ils permettent d'adopter une attitude mentale adéquate pour mener une pratique pianistique efficace. Ainsi, lorsque Patanjali parle de non-convoitise, c'est se consacrer à la pratique du piano, sans entrer dans une concurrence qui peut empoisonner l'existence. De plus, Patanjali parle aussi du contentement. C'est avoir conscience de ses capacités, être satisfait des acquis, mais toujours en continuant à travailler, se perfectionner. Ca rejoint l'idée d'une pratique persévérante et continue. Le yoga d'ailleurs nous dit qu'il faut faire attention de ne pas relâcher ses efforts, même lorsqu'on a atteint un certain niveau.

Naturellement, il reste encore d'autres exemples, mais je ne vais pas m'étendre plus longuement là-dessus. En tout cas, les huit membres de Patanjali peuvent très bien s'appliquer à la pratique pianistique. Ce n'est pas si étonnant que ça, car le Yoga est une discipline, un art de vivre très concret. Piano et yoga s'associent donc parfaitement.

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Published by Yog - dans Musique
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commentaires

Yog La Vie 09/11/2009 18:28


Tout à fait d'accord (j'ai pratiqué un peu de guitare classique).
Finalement ces 8 membres peuvent s'appliquer à tous les moments de la vie. Etre vigilant sur ce qui se passe en dedans et au dehors pour ne faire qu'un.
Yoga = Union, n'est ce pas?
Bonne soirée!


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