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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 14:17

Dans notre société à dominante judéo-chrétienne, le pardon est le plus souvent vu sous un aspect positif. Pardonner devient même un acte charitable. On pardonne aux personnes qui nous ont fait du mal et ainsi, on fait une bonne action. Pourtant, est-il possible de tout pardonner et est-ce souhaitable ?
Je ne vais pas aborder les cas extrêmes qui existent malheureusement. Je vais plutôt rester au niveau de nos relations quotidiennes, amicales, familiales.
Lorsqu'une personne nous fait du mal, on se sent blessé. C'est normal et logique. Lorsque la personne reconnait nous avoir blessé involontairement, alors il est possible d'entrer dans un équilibre. Il est possible de pardonner. Mais il arrive que la blessure soit très profonde et qu'il ne soit alors plus possible de reconstruire quelque chose après. Si en plus l'autre personne n'entame pas aussi une démarche d'ouverture et de remise en question, alors on arrive dans une impasse. Ca rejoint la problématique des relations énergivores. Un équilibre relationnel ne se construit pas tout seul, il faut que tous les intervenants participent activement à ça.
Pardonner peut être libérateur. En effet, on peut trainer en soi une profonde blessure et celle-ci peut alors générer de nombreux troubles, aussi bien psychiques que physiques. Pardonner revient donc à se libérer d'un fardeau. Mais peut-on pour autant revenir en arrière et recommencer les choses comme si de rien n'était ? J'ai en tête cette expression d'un lama bouddhiste : pas de compassion stupide. S'il est vrai qu'il est important de se libérer de son fardeau, en revanche revenir à d'anciens schémas ne peut que générer une réactualisation de la situation vécue. En résumé, on se fera avoir à nouveau. Alors, il est possible de pardonner dans le sens où on laisse derrière soi un fardeau. La blessure n'est pas constamment ruminée et on s'autorise à la panser. Mais lorsqu'on se brûle avec de l'eau trop chaude, la fois suivante, on essaie de prendre des précautions et de ne pas commettre la même erreur. Ainsi, pardonner ne signifie pas oublier. Au contraire, il est important de se souvenir afin de pouvoir tirer des leçons pour l'avenir. Pardonner ce n'est pas tout oublier. Du moins, ça ne devrait pas l'être. Alors bien sûr, tout dépend de la profondeur de la blessure. Lorsqu'elle est peu profonde, il est clair qu'il est plus facile de passer à autre chose. Mais lorsqu'elle a profondément marqué, il arrive alors qu'il soit impossible de reprendre là où on s'était arrêté. L'important est d'alors d'entamer une véritable guérison intérieure afin de ne pas se laisser submerger par cette blessure. On peut alors comprendre l'autre, mais ce n'est pas pour autant que les compteurs sont remis à zéro. Pas de compassion stupide disait ce lama. Il a bien raison, car sinon on risque bien de tourner en rond. Donc, ne pas prolonger la blessure intérieure en l'alimentant de nos ruminations, mais tout en en tirant un enseignement.

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Published by Yog - dans Pensées
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