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"Lâcher-prise" est un terme bien courant et tellement mal compris. En lâchant-prise, on pense que c'est aller à l'abandon, se jeter dans un espèce de vide existentiel ou pire se laisser aller et entrer dans une passivité.  Alors lâcher-prise, mais lâcher quoi ? Bonne question. Y a-t-il quelque chose qu'il est nécessaire de lâcher ?
Le lâcher-prise, c'est savoir prendre du recul. Lorsqu'on accomplit quelque chose dans la journée, est-on vraiment pleinement présent dans la tâche ? Notre esprit n'est-il pas souvent en train de dériver sur quelques rives imaginaires ? Combien de fois dans la journée on se surprend à faire quelque chose tout en pensant à autre chose. Le lâcher-prise c'est la capacité à prendre du recul par rapport aux pensées parasites qui nous coupent de l'instant présent. Agir en pleine conscience, ça veut dire prendre son temps et consacrer toute l'énergie nécessaire à ce qu'on fait. C'est faire une chose après l'autre, sans se laisser perturber par les autres tâches qui nous attendent après.
Dans la pratique du piano, il est tout à fait possible d'expérimenter le lâcher-prise. Déjà par la détente physique, mais aussi psychique, en étant pleinement présent dans l'acte de jouer et en prenant le temps de jouer chaque note, même s'il faut jouer vite. Le mental doit rester stable et ne jamais entrer dans l'agitation. Pour jouer vite, il  faut laisser "aller" les doigts et lâcher nos blocages. C'est une forme de lâcher-prise, être pleinement présent.
Pendant la méditation, le lâcher-prise peut aussi intervenir. Lorsque le méditant prend sa posture, il se place en état de ne rien faire et d'immobilité. Lors de la séance, il y a apparition de pensées. Lâcher-prise consiste alors à prendre du recul par rapport à elles et de les observer sans les suivre et sans dériver dans des projections mentales.
Le yoga permet également d'expérimenter le lâcher-prise. A travers les postures, il y a aussi cette attitude de recul, de témoin à prendre et d'entrer dans un certain relâchement. Lâcher-prise sur les tensions inutiles au maintien de la posture, être pleinement présent.
Finalement, on est loin de l'idée de vide généralement imaginée et il est clair que c'est aller vers une plus grande présence, une plus grande écoute de soi, tout en prenant du recul par rapport aux agitations de toutes sortes. A celui qui sait être patient et persévérant, le lâcher-prise est accessible et concret.
Par Yog
Mercredi 29 mars 2006
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En spiritualité, on s'imagine souvent que pour être spirituel, il faut adopter telle ou telle attitude. Alors certaines personnes vont à la recherche de règles, de dogmes, pour s'y conformer et espérer ainsi aller vers une amélioration de leur personne. Elles se créent un idéal préconçu et cherchent à trouver ce qui répond à leur construction mentale. Elles vont à la rencontre de maîtres et se mettent à les imiter en se disant que s'ils agissent d'une certaine façon, c'est ainsi qu'il faut faire. Mais ce n'est qu'une imitation et ceci ne peut être le reflet de quelque chose de spontané et de vivant. C'est une attitude de mort finalement, car il y a alors refoulement et négation de son être. L'écoute de soi n'est pas présente, car l'esprit est fasciné par sa quête d'imitation. En se conformant à des régles, juste parce qu'on croit qu'elles peuvent nous mener au salut, c'est se nier, ne pas se mettre en état d'écoute vis à vis de soi et des autres. C'est se placer en état de soumission. C'est se transformer de force. Le refoulement de sa personnalité ne peut qu'amener frustrations, malaises, asservissement et rigidité. C'est finalement une attitude d'enfant qui se refuse la possibilité de grandir en se soumettant à un substitut de parent. Or, à mon avis, la démarche spirituelle devrait être une libération et non un asservissement. C'est aller à la rencontre de soi, à l'écoute de soi, sentir profondément nos aspirations, comprendre notre fonctionnement et les raisons qui nous poussent à être ce que nous sommes. C'est apprendre à se connaitre. Connais-toi toi-même disait Socrate.
En perçant notre conditionnement, il est alors possible d'aller vers une transformation vivante, qui n'est pas imitation, mais création. L'être se transforme "naturellement" parce qu'il est mis en mouvement par un élan de vie créatrice. A ce moment-là, la personne va changer d'attitude non pas par imitation, mais parce qu'elle va prendre conscience de son individualité qui ne demande qu'à pleinement s'exprimer. Ce n'est pas laisser libre cours aux tendances égotiques, car celles-ci, à travers l'écoute de soi, sont identifiées, comprises et par là même "annulées", mais bien laisser la place à l'expansion de notre être intérieur. C'est une authenticité qui s'installe. Elle amène alors à une souplesse intérieure, une écoute, une spontanéité et une simplicité. La construction mentale d'idéalisation est laissée de côté, tout comme la tendance à l'imitation, car celle-ci n'est que rigidité et mort. Quitter l'illusoire sécurité de l'imitation, c'est se prendre en charge, aller vers l'autonomie et se laisser grandir.
Par Yog
Lundi 27 mars 2006
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Cette fois, je pense que je vais définitivement prendre le large par rapport à certains forums que je fréquentais. Je suis fatigué des éternelles discussions irrationnelles qui ne mènent à rien où la seule chose qui ressort c'est de se faire traiter d'être fermé tout simplement parce qu'on relève des incohérences et des éventuelles dérives sectaires. Tellement de personnes en souffrance se créent des illusions, de nouvelles croyances et elles ne veulent pas aller à la rencontre d'elles-mêmes. Se reconnaitre en tant qu'humain, en tant qu'être faillible, intégré à un tout qui nous échappe, à un mystère. Pas besoin de s'alourdir de tant de croyances, de tant d'illusions, juste revenir à une simplicité. A force d'avoir la tête dans les étoiles, la vie échappe, fuit à toute vitesse. Elle n'attend pas, le temps continue sa route inexorablement. Le retard ne se rattrape. C'est maintenant qu'il faut être présent, à l'écoute. Mais comment peut-on seulement entendre, voir, lorsque l'esprit se construit tant de mirages ? Il faut dire qu'il y a tant de questions sans réponses, tant de souffrances. Il est vrai que des fois, l'égarement permet de se retrouver, mais pas toujours.
Voilà, je pense que j'entre dans un nouveau cycle où les derniers liens avec l'ancien se coupent. J'avais dit il y a 4 mois que je voulais revenir à l'essentiel et c'est ce que je vais faire. Je vais continuer à me consacrer au forum de ma femme, ainsi que le mien sur mon site. Ils ont l'avantage d'être ouverts et tranquilles. Pour le reste, on ne me verra plus très souvent. Une page se tourne.
Par Yog
Jeudi 23 mars 2006
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Hier soir je discutais avec une amie sur msn et je lui racontais ma "petite mésaventure" sur un forum où j'avais été mis à mal. Il faut dire que j'ai tendance à relever les incohérences dans les raisonnements et forcément ça ne plaît pas. En fait, je me rends compte que lorsque je démonte des idées, dans ma tête, je m'attaque au problème de fond, et généralement je ne vise pas la personne. Seulement, comme me le faisait encore remarquer l'amie sur msn, les gens s'identifient aux idées et je crois que c'est bien là que se situe le problème. Si on peut facilement constater que s'identifier uniquement au corps est réducteur, généralement on ne voit pas non plus que s'attacher aux idées et s'y identifier peut être tout aussi réducteur. Par l'attachement aux idées, on arrive à une rigidité des idées et donc il n'est plus possible d'entrer dans une logique de remise en cause. L'ego s'attache aux pensées pour donner une consistance aux constructions mentales. Ainsi l'esprit entre à nouveau dans un système illusoire de confort où l'être s'endort et s'empêche de réaliser sa propre nature. De plus, en étant dans un tel attachement, il n'est alors plus possible d'être dans une relation d'échange où les participants peuvent s'associer pour faire progresser le raisonnement jusqu'à son terme. On arrive alors généralement dans des relations conflictuelles où le dialogue est exclu. C'est pour cela qu'il devient extrêmement difficile de discuter sur certains forums, car entrer dans un échange véritable sans complaisance n'est pas bien vu. Je pense aussi que c'est pour cette raison que de nombreuses traditions spirituelles s'attaquent à l'ego, car tant qu'il est mis en avant, il n'est pas possible d'aller au fond des choses et d'avoir le courage d'aller au-delà des apparences. Si les sages sont généralement humbles, c'est tout simplement parce qu'ils sont parvenus à ce retrait de l'ego (pas sa destruction mais juste sa remise en place) et qu'ils ne s'identifient plus aux manifestations psychiques. Ils arrivent alors à prendre du recul et à atteindre un état pacifié.
Cela dit, le monde est loin d'être rempli de sages, donc se pose la question de comment parvenir à aller dans un échange sincère et profond, sans heurter les sensibilités. Est-ce possible ?
C'est peut-être pour ça qu'on parle si souvent de personnes sur la même longueur d'ondes, tout simplement parce qu'ils sont authentiques, ouverts et capable de laisser de côté leur ego pour aller au fond des choses.
Par Yog
Jeudi 23 mars 2006
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Etre ouvert, c'est très à la mode actuellement. Il faudrait être ouvert à tout, tout tolérer, accepter toute idée sous prétexte qu'on est ouvert d'esprit. Etre ouvert, c'est compris généralement comme dénué de tout esprit critique. Lorsqu'une personne exerce son esprit critique et le doute, elle est tout de suite accusée de ne pas être ouverte. L'ouverture d'esprit tue l'esprit critique. Chacun demande à l'autre d'accepter son point de vue, en lui interdisant de le discuter, sauf de manière positive. Emettre une critique revient à s'attirer la colère en se faisant traîter d'être fermé pleins de préjugés. Du coup, l'ouverture d'esprit tue la libre expression respectueuse, car l'esprit critique met en lumière le besoin de reconnaissance de certaines personnes qui revendiquent la tolérance. De plus, il y a une certaine hypocrisie dans l'idée d'ouverture d'esprit chez certains, car ils demandent aux autres d'accepter leur idée sans critique, mais ne sont pas forcément prêts à faire de même. En gros sois ouvert avec moi, comme ça je suis content.
Soumettre sa croyance, ses convictions à l'épreuve de l'esprit critique peut se révéler très intéressant, car ça oblige à la remise en question, à ne pas se fermer dans des concepts qui excluent les autres. Ca permet aussi de faire le tri entre les énormités fantaisistes et les démarches sérieuses. Car, si à la moindre critique, le seul argument avancé est une attaque ad personam, où le débat dévie sur la personne et non plus sur le fond, alors c'est bien la preuve de la fragilité de la conviction. A ce moment-là, ce n'est pas non plus être ouvert d'esprit.
En ce qui me concerne, je pense que pour être réellement ouvert d'esprit, il est nécessaire d'avoir un bon esprit critique, car sinon ce n'est plus de l'ouverture d'esprit, mais de la crédulité. C'est aussi accepter les critiques, savoir se replacer par rapport aux convictions qui nous habitent, les mettre à l'épreuve et par moment, d'avoir le courage de se repenser. Seulement ça demande beaucoup de souplesse, de courage aussi, car c'est renoncer la sécurité illusoire des certitudes arbitraires et théoriques. Je pense que la réelle ouverture d'esprit est une écoute de l'autre, mais sans pour autant tomber dans les fantasmes d'autrui et tout en gardant son esprit critique qui permet de préserver son intégrité et son individualité. Etre ouvert, c'est ne pas tout accepter, mais savoir rester lucide, sans jamais s'enfermer. C'est à nouveau un fragile équilibre à trouver.
Par Yog
Mardi 21 mars 2006
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La spiritualité, les médecines alternatives, l'écologie, le développement personnel, tous ces domaines sont très à la mode actuellement. On assiste à un vrai fond de commerce avec comme partout, des gens sincères et droits, et d'autres qui ne sont motivés que par l'argent ou le pouvoir. Depuis maintenant à peu près 4 ans que je navigue sur les forums ésotériques et spirituels, je pense que j'ai déjà vu beaucoup de personnes, lu d'innombrables théories fumeuses. Il en sort quelque chose de très marqué de tout ça. Beaucoup de personnes sont en ruptures avec notre société, avec leur vie, sont en souffrance et cherchent des "remèdes" pour enfin vivre harmonieusement. Alors entendre des théories où il est question d'amour, d'équilibre, éveille un certain intérêt. C'est tout à fait légitime, mais malheureusement, les teneurs de telles théories ne sont pas forcément en odeur de sainteté. Le discours spirituel commence à se pourvoir de termes scientifiques, cherche par là à établir une certaine crédibilité en utilisant par moment des mots fortement symboliques pour éveiller chez les gens tout un mécanisme mental qui peut permettre de mieux les embobiner. La manipulation mentale n'est pas loin, les "gourous" non plus.
Pour éviter le discours trop religieux et donc trop rapidement assimilé à du sectaire, maintenant on assiste à l'émergence de nouvelles disciplines qui se revendiquent du développement personnel ou de la médecine alternative. Un nouveau paradigme est envahi afin de mieux brouiller les pistes et masquer les intentions. Les portes-monnaies se vident, les consciences sont soulagées un temps et chacun retourne à sa souffrance latente momentanément endormie par une illusion. Tellement de personnes s'accrochent désespérément à des illusions, en proie à leur souffrance et cherchant la Vérité permettant d'enfin vivre dans le Bonheur. Le Bonheur existe-t-il seulement ?
Poser des questions n'est pas toujours bien vu. Ca oblige à réfléchir, à se remettre en question et à ne faire appel qu'à son propre jugement. Existe-t-il encore lorsque l'esprit a été plusieurs fois envahi par des préceptes rigides et illusoires excluant par là toute action volontaire ? Pour vivre harmonieusement, ne faut-il pas devenir autonome et lucide ?
Par le passé, les religions institutionnalisées ont rejeté toute tentative d'expérience personnelle, car ça échappait à leur controle. Vivre directement le Divin était mal vu, car la personne ne passait pas par l'institution arbitraire. Il ne fallait surtout pas qu'elle pense par elle-même, car sinon elle devenait incontrôlable. De cette période, je crois que beaucoup ont gardé cette dépendance à cette idée qu'il est nécessaire d'avoir quelqu'un qui montre le chemin, un guide forcément détenteur de la Vérité pour accéder au salut. Il est tellement facile de se laisser aller à la paresse et suivre gentillement. Chercher par soi-même ? Pourquoi donc puisqu'il y a tellement d'âmes charitables qui sont prêtes à nous montrer le chemin ? Euh charitables ? Vraiment ?
Il est dommage de constater à quel point des disciplines intéressantes comme le développement personnel et les médecines alternatives, sont envahies par des énergumènes sans scrupules qui, par leur cupidité ou leur folie d'illumination, les dénaturent et les discréditent. Les soins alternatifs peuvent être une nouvelle façon de considérer l'être et ouvrir les portes à la nouvelle médecine de demain. Le développement personnel amène l'idée intéressante de transformation intérieure.

Heureusement, qu'au fil du temps, j'ai pu rencontrer des gens sincères sur le net, qui sont sainement impliqués dans leur démarche. Ils ne se placent pas en tant qu'autorité, juste des chercheurs sincères qui partagent sans demander en retour. Le point commun chez ces personnes, c'est leur détermination à mener volontairement leur quête, se poser des questions, faire le chemin d'eux-mêmes et rester autonomes. 
Par Yog
Dimanche 19 mars 2006
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Lorsque je regarde autour de moi, je vois souvent beaucoup de personnes qui ont en elles des choses non-exprimées. Des émotions, des blessures, des non-dits, des tabous et par moment aussi des joies. Nous sommes des êtres d'expression, chacun ressent ce besoin de s'exprimer. Il suffit de voir la prolifération sur le net des blogs et des forums, pour voir à quel point beaucoup ont ce besoin de parler, d'échanger, de se libérer. Garder en soi nos émotions peut être dévastateur, car tout cela reste ancré en nous, s'inscrit dans notre corps et un jour ou l'autre va se transformer en maux. Dire les mots pour faire sortir les maux. C'est un véritable poids qu'on porte par moment, qui nous pèse. Il suffit de voir dans la rue, le nombre de personnes qui ont comme attitude corporelle de rentrer le thorax, comme si elles se fermaient, s'interdisaient de s'exprimer. On parle souvent de l'épanouissement, mais qu'est-ce au juste ? Dans le dictionnaire, épanouir veut dire "ouvrir largement ses pétales". S'ouvrir. Pour s'ouvrir il faut s'exprimer, assumer nos émotions et les faire sortir. Adopter une attitude ouverte et laisser de côté la fermeture de soi. S'affirmer, c'est oser, c'est s'assumer, prendre nos émotions à bras le corps, ne pas les refuser, les laisser couler, s'en libérer aussi.
Dans beaucoup de familles, il y a ses non-dits. L'enfant entre douloureusement dans ces sabotages expressifs, coupé dans son élan d'ouverture, il se ferme sur lui-même. Pas toujours, heureusement, mais beaucoup d'adultes sont le résultat d'enfance blessée, de choses qui n'ont pas pu s'exprimer.
Comment se libérer de ce poids ? C'est une bonne question. Je pense qu'il existe de nombreux moyens pour y parvenir, à chacun de trouver son mode d'expression. Je crois que c'est bien là que la diversité est importante, car le chemin de la libération ne peut être le même pour tout le monde et chacun doit veiller à trouver ce qui lui convient le mieux. Après, il est important aussi de veiller à continuer son ouverture et à ne pas créer plus de fermeture, mais ça demande du courage, car il faut oser s'affirmer. S'affirmer, c'est prendre le risque d'avoir un regard porté sur soi, de passer aussi par moment pour un égoiste. Penser à soi n'est pas forcément égoiste, c'est par moment vital. Nier son individualité est suicidaire, c'est se tuer à petit feu. C'est un équilibre à trouver, entre nos mouvements égotiques inconscients et nos élans
vitaux d'individualité. Puis un jour, lorsque l'équilibre est trouvé, en laissant agir la vie qui est en nous, l'être s'épanouit, s'ouvre et atteint la plénitude. C'est un long chemin.
Par Yog
Mardi 14 mars 2006
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Ma très chère épouse a écrit un bon article sur les rythmes naturels sur son blog : La lune et les rythmes naturels.
Ca m'a fait réfléchir à plusieurs choses.

Depuis tout petit, notre petit bouchon suit le soleil. Il se lève tous les matins avec lui, comme si une horloge interne lui disait à quel moment l'astre du jour s'élève dans le ciel. C'est bien pour lui, par contre pour nous, c'est un peu galère lorsqu'il faut se lever sous la pression insistante de notre cher trésor alors qu'on pourrait enfin traîner paresseusement dans le lit. Mais bon, le soleil c'est le soleil et pas question d'y échapper. D'ailleurs le fiston nous dit le matin :"soleil 'éveillé, debout maintenant" (oui il a toujours un peu de mal avec les "r", à croire qu'il a vécu une vie antérieure en Chine).
Je crois que c'est vraiment avec la venue de notre petit bouchon, qu'on s'est rendu compte à quel point on était décalé par rapport aux rythmes naturels. Par exemple les repas. Arbitrairement, la société nous impose de faire trois repas dans la journée avec éventuellement une collation en milieu d'après-midi. Mais avec les enfants, on se rend vite compte qu'ils suivent un autre rythme. En imposant une telle cadence de repas aux enfants, on les déconnecte de leur sensation de faim et ils mangent non plus en ayant réellement faim, mais parce qu'il est l'heure de manger. Ce n'est pas étonnant non plus d'avoir de belles batailles pour le faire enfin avaler quelque chose.
La pratique du Yoga m'a fait prendre conscience à quel point j'étais déconnecté de mon corps. Je n'étais pas du tout à l'écoute de ses messages. La faim en est aussi un symptôme. Différencier le fait d'avoir faim ou d'avoir envie de manger, n'est pas chose aisée. Surtout lorsque depuis des années, j'ai subi un conditionnement de rupture par rapport au corps. Donc c'est une véritable reconquête de soi qu'il est nécessaire de faire. Reprendre contact avec son corps, mais aussi avec ses mécanismes mentaux conditionnés qui imposent souvent le déroulement de notre comportement.
En voyant tout cela, je m'interroge sur le fait d'élever un enfant. Comment parvenir à le laisser connecté à son corps avec la pression des impératifs imposés par la société ? Il n'est pas question de le mettre non plus en rupture totale avec elle, car ce serait alors le marginaliser. Peut-être qu'il y a un équilibre à trouver, mais ça demande d'être créatif. Dans notre société, on a trop tendance à être passif, à subir les choses. Je pense qu'il est nécessaire de devenir créatif, dans le sens où il est possible de trouver des alternatives sans pour autant se mettre en marge. Pour en revenir au repas, de plus en plus de personnes ne cuisinent plus. Elles se contentent de plats préparés. Malheureusement, ils sont aussi souvent assez catastrophiques du point de vue nutritionnel. Et je crois que c'est vraiment là qu'il y a quelque chose à faire, c'est de prendre le temps de faire les choses. N'est-ce pas ça le rythme naturel ? Prendre le temps de cuisiner, de prendre soin de soi, des autres, d'être à l'écoute de son corps et par extension prendre conscience de l'environnement, du rythme de la nature pour être en symbiose avec elle. Notre société a peut-être réussi de grandes prouesses technologiques, mais au détriment des rythmes naturels et de l'interdépendance des phénomènes.
Je pense qu'il est grand temps de revenir à un rythme plus harmonieux. Pour cela, je vais tenter d'être plus créatif et surtout je vais prendre des leçons avec mon petit bouchon qui fait ça tout naturellement.
Par Yog
Lundi 13 mars 2006
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Depuis des mois les forums du net s'intéressent à ce jeune homme qui médite sous son arbre depuis 10 mois. Les conversations sont passionées avec d'un côté ceux qui croient en un phénomène extraordinaire et de l'autre ceux qui sont sceptiques. Le méditant vient de disparaitre sans laisser de traces. Selon les dépêches, certains de ses proches auraient disparu aussi. Soit-disant, seuls ses vêtements auraient été retrouvés sous l'arbre où il méditait.
La région du Népal où se trouvait ce jeune homme, est en proie à de grandes tensions. Il est possible que des factions rebelles aient voulu l'enlever. Peut-être... Certains disent qu'il a atteint un tel niveau de méditation qu'il n'est plus visible à l'oeil du commun des mortels. Plutôt douteux, surtout que les proches ont disparu aussi... Des personnes sur place disent l'avoir vu se lever et partir tout seul dans la jungle. Pourquoi pas, mais depuis le temps qu'il reste sous son arbre les jambes croisées, je doute qu'il puisse marcher comme ça sans difficulté. Ou alors c'était une ingénieuse supercherie et ses proches l'ont tout bonnement emmené puisqu'il y avait une pression de plus en plus forte de la part des scientifiques pour l'observer. Ou alors, à force de tenir comme ça toute la journée, surtout en ce moment avec le froid, le pauvre jeune homme est mort et les proches ont enlevé le corps pour laisser planer le doute. En tout cas, c'est bien le doute qui va rester et peut-être l'émergence d'un mythe, d'une légende. Car, je ne sais pas pourquoi, mais il se pourrait bien qu'on ne le retrouve jamais. Et là, du coup, chacun restera dans sa conviction sans pouvoir trouver des preuves qui la corroborent ou pas.
Je trouve ce dénouement dommage, car s'il était vraiment capable de rester ainsi immobile, il aurait été intéressant de pouvoir démontrer par des preuves scientifiques que de telles choses sont possibles. Ca aurait permis d'élargir nos connaissances et peut-être de revoir nos visions du monde. J'espère juste que ce jeune homme est encore vie et qu'il a trouvé une place tranquille pour continuer son chemin.
Peut-être que l'avenir nous le dira.
Par Yog
Lundi 13 mars 2006
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Au fil des conversations sur les forums du net, j'ai rencontré diverses sortes de croyances et j'ai surtout vu à quel point les gens peuvent se déchirer pour des attachements à des concepts mentaux pour la plupart invérifiables. Je trouve ça terrible d'atteindre souvent un tel degré de violence pour des choses qui ne pourront jamais être démontrées. A la limite, croire en quelque chose n'est pas si dérangeant, mais refuser aux autres la possibilité de ne pas y croire, me parait quelque peu pénible et pas constructif. En gros, le discours devient "Pas le droit de critiquer, c'est ma croyance". Ca fait pas beaucoup avancer.
Pourquoi une telle réaction vive face aux critiques ? N'est-ce pas à cause du fait qu'inconsciemment la personne se rend compte de toute la subjectivité de sa croyance ? C'est plus confortable d'ériger sa croyance, de s'en convaincre et de refuser les critiques, sous de faux prétextes. Comme ça, l'autohypnotisation n'est pas troublée. A travers le net, il m'arrive de rencontrer des gens qui assument totalement la subjectivité de leur croyance. Le dialogue devient alors constructif, intéressant et on sent nettement qu'il y a une relation saine qui s'instaure, même si les différentes personnes ne sont pas d'accord entre elles. Ca arrive, mais c'est relativement rare, malheureusement. Ainsi, il est possible de discuter sur des sujets spéculatifs comme Dieu par exemple,
de mettre à jour les "failles" dans nos raisonnements sans pour autant tomber dans le rapport de force d'imposer sa vision.
Est-ce utile de débattre sur des sujets dont il est impossible d'obtenir une réponse ? Oui et non. Non dans le sens où on ne trouvera jamais de réponses. Oui, parce que ça permet de comprendre le fonctionnement des croyances et des croyants. A mon avis, une croyance ne pourra jamais être démontrée, car c'est dans son essence même d'être invérifiable en raison de son caractère subjectif. La croyance cesse d'en être une à partir du moment où elle trouve  la preuve de l'existence de l'objet de cette croyance.
Peut-on vivre sans croyance ? Oui je le pense et ce que j'essaie de faire dans ma vie. J'avance en essayant de mettre à jour tous les mécanismes que notre mental échaffaude pour créer des idées illusoires et construire notre conditionnement. C'est prendre du recul par rapport à nos pensées "involontaires", affiner le raisonnement en laissant de côté ce qui reste du domaine du spéculatif, se déconditionner. Je me concentre donc en priorité pour lever les illusions, comprendre le fonctionnement profond de l'être et je tente de rester vigilant afin de ne pas tomber dans la pensée rigide et dogmatique. C'est voguer sur ce que j'appelle le doute constructif qui "oblige" de rester toujours en mouvement, de garder un élan de vie, pour trouver un équilibre et une harmonie dans mon existence. C'est aussi essayer de voir au-delà des apparences, sortir de l'affectif (ce qui ne veut pas dire devenir froid, ça n'a rien à voir) et des croyances.
Dans la pensée indienne, l'origine de l'existence n'est pas vraiment recherchée, car elle part du principe que la condition humaine n'est pas en mesure de comprendre une dimension plus vaste. Elle préfère consacrer ses efforts pour échapper à la souffrance, plutôt que de trouver des théories spéculatives. La voie yogique me parle dans ce sens. Le Yoga permet de laisser de côté les spéculations et de se concentrer sur l'expérimentation, sur l'exploration de soi. Il est ainsi possible de comprendre son propre fonctionnement. C'est une voie pragmatique qui n'implique aucune croyance. "Connais-toi toi même" disait Socrate. Devait être yogin celui-là...
Par Yog
Lundi 6 mars 2006
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